C’est parti pour trois mois !
La concertation “Fos Berre Provence, un avenir industriel en débat”, organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP) a tenu sa première réunion le 2 avril dans le complexe Parsemain de Fos-sur-Mer avec une assistance fournie, bien décidée à profiter de l’occasion pour exposer ses attentes, interrogations et inquiétudes.
Sur le territoire, plusieurs projets industriels se profilent. Neuf d'entre eux sont intégrés dans ce débat public dit "global" qui est une première en France. Tout le défi des rencontres qui vont se dérouler jusqu’au 13 juillet sera de réussir à dessiner ce à quoi ressembleront le golfe de Fos et le pourtour de l’étang de Berre si tout ce que promettent les porteurs de ces projets se concrétise demain. A savoir, un très beau programme : un air purifié de son carbone et des nombreux polluants qu'il contient aujourd'hui, des usines propres et compétitives, des ressources énergétiques suffisantes pour toute la région, des offres d’emplois par milliers... Lors de cette première soirée, aucune projection "immersive" ou en 3D n’a été proposée sur grand écran, mais au fil des interventions (pouvoirs publics, associations, industriels, syndicalistes ou simples citoyens), chacun aura compris qu'une potentielle production à gros budget, qui implique des centaines d’acteurs aux profils très divers, est en train de s’esquisser.
Tout le monde est bien conscient qu'il va falloir en premier lieu élaborer un scénario qui tienne la route, cohérent et partagé, et qui soit susceptible d’emporter l’engouement spontané du public. Le débat qui s'amorce doit y contribuer et devra explorer toutes les possibilités d’échanges, depuis la "réunion plénière" jusqu'à l’atelier thématique, en passant par le webinaire, la visite de site ou les initiatives "autoportées" de toute organisation désireuse d'inscrire sa contribution dans la réflexion générale. Le programme est consultable sur www.debatpublic.fr/avenir-industriel-fos-berre-provence. Chacun peut poser sa question ou y laisser son opinion. « Tout doit être débattu dans le périmètre implicite ou explicite du débat et rien ne sera escamoté », assure le préfet de région, Georges-François Leclerc.
La concertation “Fos Berre Provence, un avenir industriel en débat”, organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP) a tenu sa première réunion le 2 avril dans le complexe Parsemain de Fos-sur-Mer avec une assistance fournie, bien décidée à profiter de l’occasion pour exposer ses attentes, interrogations et inquiétudes.
Sur le territoire, plusieurs projets industriels se profilent. Neuf d'entre eux sont intégrés dans ce débat public dit "global" qui est une première en France. Tout le défi des rencontres qui vont se dérouler jusqu’au 13 juillet sera de réussir à dessiner ce à quoi ressembleront le golfe de Fos et le pourtour de l’étang de Berre si tout ce que promettent les porteurs de ces projets se concrétise demain. A savoir, un très beau programme : un air purifié de son carbone et des nombreux polluants qu'il contient aujourd'hui, des usines propres et compétitives, des ressources énergétiques suffisantes pour toute la région, des offres d’emplois par milliers... Lors de cette première soirée, aucune projection "immersive" ou en 3D n’a été proposée sur grand écran, mais au fil des interventions (pouvoirs publics, associations, industriels, syndicalistes ou simples citoyens), chacun aura compris qu'une potentielle production à gros budget, qui implique des centaines d’acteurs aux profils très divers, est en train de s’esquisser.
Tout le monde est bien conscient qu'il va falloir en premier lieu élaborer un scénario qui tienne la route, cohérent et partagé, et qui soit susceptible d’emporter l’engouement spontané du public. Le débat qui s'amorce doit y contribuer et devra explorer toutes les possibilités d’échanges, depuis la "réunion plénière" jusqu'à l’atelier thématique, en passant par le webinaire, la visite de site ou les initiatives "autoportées" de toute organisation désireuse d'inscrire sa contribution dans la réflexion générale. Le programme est consultable sur www.debatpublic.fr/avenir-industriel-fos-berre-provence. Chacun peut poser sa question ou y laisser son opinion. « Tout doit être débattu dans le périmètre implicite ou explicite du débat et rien ne sera escamoté », assure le préfet de région, Georges-François Leclerc.
Un passé à lourdes traces
Ne pas "saucissonner" les concertations (comme l’ont vécu il y a quelques mois Carbon, GravitHy, H2V ou d’autres pour leurs projets à Fos) a un avantage : les industriels sont venus nombreux exposer aux citoyens pourquoi les ambitions qu'ils portent pourraient changer leur vie quotidienne durablement, dans le bon sens. Les zones industrielles de Fos, Berre, La Mède ou Lavera, ont offert une histoire économique à notre région, mais leurs promoteurs de l’époque, qu'ils soient publics ou privés, ne se sont pas trop préoccupés de l’opinion des résidents. Ces zones ont apporté de la croissance, des emplois, énormément de ressources fiscales aux communes concernées, et les ont ainsi aidé à financer de nombreux équipements publics tout en maintenant la fiscalité locale à des taux incomparablement bas.
Cependant, ces pôles ont engendré en même temps des nuisances, que ce soit dans l’eau, dans les sols ou dans l’air, que les riverains ont subies et qui, paradoxalement, ont semblé de plus en plus nombreuses au moment même où les rejets de tous ordres s’amenuisaient, de façon objective, sous l’effet de réglementations de plus en plus restrictives et de la montée des préoccupations environnementales dans les populations. Il fut un temps où, lors de campagnes d’information sur les risques industriels, directions des usines et pouvoirs publics évoquaient une « confiance lucide ». Chacun mesurait les avantages et les inconvénients de vivre à proximité d’ensembles pétrochimiques, chimiques ou sidérurgiques. Ce qui était encore "entendable" dans les années 80/90 ne l’est plus du tout aujourd’hui.
Cependant, ces pôles ont engendré en même temps des nuisances, que ce soit dans l’eau, dans les sols ou dans l’air, que les riverains ont subies et qui, paradoxalement, ont semblé de plus en plus nombreuses au moment même où les rejets de tous ordres s’amenuisaient, de façon objective, sous l’effet de réglementations de plus en plus restrictives et de la montée des préoccupations environnementales dans les populations. Il fut un temps où, lors de campagnes d’information sur les risques industriels, directions des usines et pouvoirs publics évoquaient une « confiance lucide ». Chacun mesurait les avantages et les inconvénients de vivre à proximité d’ensembles pétrochimiques, chimiques ou sidérurgiques. Ce qui était encore "entendable" dans les années 80/90 ne l’est plus du tout aujourd’hui.

Le préfet Georges-François Leclerc a promis d'écouter chaque demande parce qu'elle l'aidera à mieux décider (Photo JC Barla)
Une industrie vectrice de solutions
Pascal Kuhn, président de l’UIMM Alpes-Méditerranée et directeur d’Airbus Helicopters sur Marignane/Vitrolles, espère que toutes les rencontres qui s’annoncent au cours du débat public permettront d’aider à considérer que « l’industrie est la solution et pas le problème », et qu'elles aideront à convaincre que la décarbonation promise engendrera pour tous des conditions de vie et de travail améliorées. Il parle aussi de « coresponsabilité » dans cet objectif, invitant chaque citoyen à réfléchir à sa part de pollution selon les moyens de déplacement dont il se sert. « 50 % du CO2 est émis par nos voitures », rappelle-t-il.
Au nom du secteur chimique, Stéphane Bergamini précise que toutes les innovations qui font notre quotidien, même celles qui participent à la transition écologique, comme le recyclage ou le photovoltaïque, ont sollicité de la chimie et de l’industrie. Pour le GMIF (Groupement maritime et industriel de Fos et région), Jean-Michel Diaz souligne que les entrepreneurs veulent eux aussi, tout comme les habitants, les élus ou les associations, lutter contre le réchauffement climatique. « C’est notre devoir à tous de préparer l’avenir des trois générations devant nous et il faut qu’il soit durable. Il n’y a pas de pays fort sans industrie forte ».
Pour le président du conseil de surveillance du Port de Marseille-Fos, Christophe Castaner, le débat public a aussi pour objet de chercher à préserver l’existant, les 42 600 emplois liés à l’activité maritime et portuaire. Sans décarbonation, sans réindustrialisation propre, le risque est réel de voir l’économie provençale s’effondrer dans un monde occidental qui s’efforce de devenir plus vertueux.
Au nom du secteur chimique, Stéphane Bergamini précise que toutes les innovations qui font notre quotidien, même celles qui participent à la transition écologique, comme le recyclage ou le photovoltaïque, ont sollicité de la chimie et de l’industrie. Pour le GMIF (Groupement maritime et industriel de Fos et région), Jean-Michel Diaz souligne que les entrepreneurs veulent eux aussi, tout comme les habitants, les élus ou les associations, lutter contre le réchauffement climatique. « C’est notre devoir à tous de préparer l’avenir des trois générations devant nous et il faut qu’il soit durable. Il n’y a pas de pays fort sans industrie forte ».
Pour le président du conseil de surveillance du Port de Marseille-Fos, Christophe Castaner, le débat public a aussi pour objet de chercher à préserver l’existant, les 42 600 emplois liés à l’activité maritime et portuaire. Sans décarbonation, sans réindustrialisation propre, le risque est réel de voir l’économie provençale s’effondrer dans un monde occidental qui s’efforce de devenir plus vertueux.
Eviter le passage en force
Pour affirmer et marteler ces messages tout au long du débat tout en restant crédibles aux yeux du public, industriels et pouvoirs publics devront donc constamment veiller à ne pas donner l'impression aux habitants et aux associations de toutes vocations qu’ils ne seront que des figurants dans un film dont le scénario est déjà écrit. Cette première réunion du 2 avril a déjà démontré une chose : les concertations menées depuis 20 ans ont plus abouti à multiplier les déceptions qu’à combattre les « effets cumulés » des pollutions et difficultés sur un territoire maintes fois qualifié, dans les échanges de la soirée, de « sacrifié », « négligé », ou « ignoré ».
L’espérance est grande que puissent se résoudre les problématiques d’infrastructures routières, de transports en commun, de mobilités douces, de santé, de préservation des paysages, de biodiversité et d’agriculture, de qualité de l’air, de formation, d’accès à l’emploi, de logement pour tous… Chaque personne qui a osé s’emparer du micro a su expliquer, en une minute et trente secondes, ce qu’elle attendait de concret. Quelques-unes l’ont dit : elles ne veulent plus de solutions du XXe siècle pour le monde d’aujourd’hui ni pour celui de demain. Elles annoncent clairement qu'elles ne les laisseront pas passer sans réagir. Elles se disent prêtes à participer en « confiance lucide », mais elles refuseront catégoriquement « d’être trompées ou méprisées une fois de plus ». Le préfet a garanti une « transparence totale ». Tous les intervenants publics, privés, particuliers ou associatifs ont affirmé qu'ils souhaitent construire l’avenir « tous ensemble », afin que gagne l’intérêt général. Il reste trois mois (et quelques décennies) pour parvenir au "happy end".
L’espérance est grande que puissent se résoudre les problématiques d’infrastructures routières, de transports en commun, de mobilités douces, de santé, de préservation des paysages, de biodiversité et d’agriculture, de qualité de l’air, de formation, d’accès à l’emploi, de logement pour tous… Chaque personne qui a osé s’emparer du micro a su expliquer, en une minute et trente secondes, ce qu’elle attendait de concret. Quelques-unes l’ont dit : elles ne veulent plus de solutions du XXe siècle pour le monde d’aujourd’hui ni pour celui de demain. Elles annoncent clairement qu'elles ne les laisseront pas passer sans réagir. Elles se disent prêtes à participer en « confiance lucide », mais elles refuseront catégoriquement « d’être trompées ou méprisées une fois de plus ». Le préfet a garanti une « transparence totale ». Tous les intervenants publics, privés, particuliers ou associatifs ont affirmé qu'ils souhaitent construire l’avenir « tous ensemble », afin que gagne l’intérêt général. Il reste trois mois (et quelques décennies) pour parvenir au "happy end".